Le roman de Laurent Mauvignier
rend un vibrant hommage à des enfants de 20 ans, anonymes, qui ont fait la
guerre d’Algérie, et qui en sont bien rentrés physiquement, mais qui y ont
laissés leur enfance, leur insouciance et leur raison. Ces jeunes hommes à qui
l’ont a obligé à tuer, à torturer, à voir et faire des horreurs. Ces jeunes
hommes à qui l’ont empêché de dormir à cause de cauchemars, ces hommes qui
veulent parfois en finir avec la vie, et
ces familles et jeunes couples brisés, et ces rêves envolés. Et tout ceci avec une réalité touchante, et
des détails incroyables.
Dans ce livre, nous jonglons
entre souvenirs troublants de jeunes
hommes, ainsi que cauchemars et vies rongées par la mémoire, soixante ans
après.
J’ai mis un peu de temps à
rentrer dans l’histoire, à comprendre qui parlait, ce qui se passait. Mais au
fil du livre, j’ai compris pourquoi. Laurent Mauvignier, en plus de nous faire
comprendre ce que pensent les protagonistes, de raconter les souvenirs avec
précision, il nous fait rentrer complètement dans la tête de Rabut, un
vétéran,, car c’est flou : nous connaissons les souvenirs, les sentiments,
la pensée de Rabut, mais nous sommes perdus dans le livre comme lui est perdu
dans sa tête (sans être bête), ses souvenirs, et plus simplement, le Monde. Et
c’est cela qui est très fort de la part de l’auteur, et qui rend ce livre si
spécial. Cependant, ce procédé fait que nous nous attachons à des hommes, comme
Bernard, un autre vétéran, qui ne parle plus à ses parents, qui a plaqué femme
et enfants…
« Un passé qui ne passe pas »,
est pour moi La citation qui résume parfaitement l’œuvre de Laurent Mauvignier.
Titouan
Très bonne critique donnant envie de lire ce roman
RépondreSupprimerUne critique très intéressante qui donne envie de se plonger dans le roman.
RépondreSupprimerMaé